LA CORRUPTION, UNE CRISE SYSTÉMIQUE AU SÉNÉGAL


LA CORRUPTION, UNE CRISE SYSTÉMIQUE AU SÉNÉGAL

LA CORRUPTION, UNE CRISE SYSTÉMIQUE AU SÉNÉGAL

Le cas du guinéen Amadou Woury Diallo coupable d’association de malfaiteurs, du délit d’exercice illégal de la profession écope de 5 ans de prison et son complice Bara Sylla à 7 ans de prison. Alors comment le guinéen pourrait-il bénéficier d’une grâce présidentielle alors que son complice sénégalais Sylla est toujours dans les liens de la détention. L’histoire de la cargaison de médicaments frauduleux de Touba d’un coût de 1,135 milliard de francs Cfa, est un scandale sans précédent.

Un problème d’Etat, qu’il serait malheureux de passer sous silence. Le peuple sénégalais réclame cet assassin guinéen qui aurait déjà tué et hypothéqué la vie de plusieurs sénégalais. Son arrestation reste une demande sociale très forte. L’heure de passer à une nouvelle introspection a sonné.

La corruption devient une véritable gangrène sociale, se métastasant et se répandant partout dans la conscience des sénégalais. Les décisions de grâces présidentielles, les attributions de nationalité sénégalaise, de permis de conduire, des diplômes, de certificats d’incapacité de travail, de permis de construire, de déclarations de naissances, de certificat de mariage arrangé, de divorce, d’hérédité, de passeports ordinaires et diplomatiques, les cartes nationales d’identité, les jugements au cours des déclarations tardives de naissance (du faux et rien que du faux), les résultats d’autopsie, les tonnes de produits prohibés qui envahissent nos places publiques, l’anarchie constatée dans nos marchés et lieux publics avec des autorisations en bonne et due-forme, entre autres formes de corruption, nous font penser à de l’anormalité normalisée avec la complicité d’une certaine catégorie de sénégalais, les politiciens, marabouts, et personnalités influentes dans l’administration ou le secteur privé ou dans l’anonymat. Le peuple sénégalais est en train de s’enliser inexorablement dans une tempête de désert où le sable finira par les engloutir. Ce phénomène de corruption, malheureusement, risque d’hypothéquer l’avenir de toute la nation sénégalaise. Comment se fait-il que des membres des forces de défense et de sécurité (Fds) ayant consacré toute leur jeunesse sous les drapeaux pour défendre leur patrie en donnant leurs impôts de sang, de sueur à leurs risques et périls, soient soumis aux mêmes traitements ou lésés même dès fois sur le sol qui les a vus naitre, par rapport aux guinéens, nigérians, ghanéens, syriens, haïtiens, bissau-guinéens, yéménites, mauritaniens, gambiens, entre autres à cause de la corruption qui prend des proportions inquiétantes ? Quand ces sénégalais « par défaut » ou « fantômes », constituent des menaces graves à notre diplomatie, à la sécurité des sénégalais de souche en ternissant volontairement l’image naguère reluisante du Sénégal en Suisse, en Italie, et partout à travers le monde, je dis que c’est très grave. Leurs principales activités comme la prostitution, le trafic de stupéfiants, le trafic d’organes, l’homosexualité, les vols, les assassinats et le commerce illicite sous la bannière de la nationalité sénégalaise en bonne et due forme, leur sont inhumainement reconnues. De véritables corrupteurs étrangers qui auront réussi à corrompre de piètres, d’indignes et de lâches filles et fils sénégalais qui mériteraient de passer à la guillotine au même titre que les violeurs, les assassins et les responsables de malversations financières. Ils constituent un poison, un cancer, une épidémie pire qu’Ebola et le VIH/Sida et dont il faudrait s’en débarrasser sans état d’âme. Ce qui me fait surtout mal dans ce pays, c’est l’indifférence des sénégalais face à une situation aussi cruciale parce que dangereuse, menaçante pour la société sénégalaise, surtout avec les grands défis liés à nos ressources pétrolières, gazières, minières et halieutiques qui profilent à l’horizon. Nos activistes, membres de la société civile, les militants des droits de l’homme et nos politiciens gagneraient, au nom des intérêts supérieurs de la nation au plan sécuritaire surtout, à axer davantage leurs cris de cœur à ce phénomène de corruption vandalisant la nationalité sénégalaise en la faisant octroyer à de fortunés étrangers qui en font ce qu’ils veulent. Il ne faudrait pas que certaines audiences foraines fassent l’objet d’un alibi pour accorder la nationalité sénégalaise aux enfants des pays de la sous-région. Le Sénégal ne saurait continuer à être comme une boîte de pandore grandement ouverte à ce genre de trafic. Que certains de nos guides confrériques ne servent de tremplin à des étrangers malintentionnés donnant l’impression, après leur conversion douteuse à l’islam, d’être de vrais talibés, alors qu’en réalité ils cherchaient un moyen par l’influence du marabout pour pouvoir bénéficier de ce sésame de nationalité sénégalaise. C’est l’heure et le grand moment de rester vigilants en instaurant même des cartes de séjour afin de mieux contrôler et filtrer davantage les entrées et sorties d’étrangers du territoire national. Ce ne serait que justice, une question de souveraineté nationale. Dès lors, il urge à nos services de sécurité et de contrôles des frontières, certains organes de contrôle comme l’Ansd (agence nationale de la statistique et de la démographie), nos services administratifs, et nos collectivités locales et communales en collaboration avec les populations sénégalaises de faire rapidement face à ce phénomène de corruption. Une véritable gangrène qui constitue une vraie menace pour notre pays.

LA CORRUPTION EST EN HAUSSE AU SENEGAL, SELON TRANSPARENCY INTERNATIONAL

 

La corruption est en hausse au Sénégal au cours des 12 derniers mois selon Transparency International. Cette organisation, représentée au Sénégal par le Forum civil de M. Birahim Seck, en partenariat avec Afro-baromètre a publié son enquête sur la corruption en Afrique. Un document qui est un ensemble le plus vaste et le plus détaillé de l’opinion des citoyens sur la corruption et les droits de l’homme. Les résultats montrent que plus de la moitié des citoyens pensent que la corruption s’aggrave à l’intérieur de leur pays et que leur gouvernement fait du mauvais travail pour lutter contre la corruption.

C’est le cas notamment au Sénégal où le taux global de corruption est de 15 % en 2019.Mieux, 43 % de nos compatriotes pensent que la corruption a augmenté dans les 12 derniers mois. La même enquête révèle que 15 % parmi les usagers du service public ont déjà payé un pot de vin au cours des 12 derniers mois pour avoir accès à un service. Enfin, l’enquête a permis de faire savoir que 52 % des sénégalais pensent que les citoyens ordinaires peuvent faire une différence dans la lutte contre la corruption.

Le taux global de corruption d’après les personnes qui ont eu recours à des services publics au cours des 12 derniers mois est de 15 %. Ce pourcentage de personnes ayant donné un pot-de-vin dans des services publics est plus élevé dans les structures de santé avec 7% en 2019, 8 % pour l’obtention d’une pièce d’identification et 16% chez la Police. Le taux est de 6 % dans les écoles publiques, et 10 % dans les services publics. Selon les compatriotes sénégalais concernés par ce baromètre, les institutions ou direction où l’on retrouve le plus grand pourcentage de personnes corrompues sont chez les dirigeants de société. L’enquête relève que 28 % des Sénégalais les ont pointés du doigt comme étant les plus corrompus, tandis que 23 % indexent la Présidence et la Primature, 24 % les membres du parlement et 24% encore les juges et les magistrats. Enfin, sur la question du baromètre sur le travail du Gouvernement pour endiguer ce fléau, 53 % des Sénégalais pensent que les autorités sont en train de faire un mauvais travail dans la lutte contre la corruption. Ah bon, malgré la Crei et l’Ofnac ? TEMOIN DU 12-14 JUILLET 2019

Adjudant en retraite Ndiapaly Gueye, specialist public affairs-writer, email: ndiapalygueye@yahoo.fr

 

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