Air Sénégal : un démarrage sans avion long-courrier ce 1er février


Air Sénégal : un démarrage sans avion long-courrier ce 1er février

Dakar-Paris-Dakar : Air Sénégal confirme le 1er février
Alors qu’Airbus ne lui a pas livré son appareil A330neo à la date prévue, la compagnie aérienne sénégalaise a trouvé une solution de rechange pour assurer la liaison Dakar-Paris dès l’entame du 2e mois de l’année.

Rassurons-nous, il n’y a pas de complot contre la nouvelle compagnie nationale Air Sénégal. Pour démarrer l’activité long-courrier vers Paris, celle-ci connaît simplement les aléas industriels classiques des avionneurs, fréquents chez Airbus comme chez Boeing. Les sous-traitants et, en particulier, les motoristes sont souvent en retard, ce qui plante les plannings de livraison. Ainsi en est-il du premier Airbus A330neo commandé par Air Sénégal qui attend, entre autres, ses moteurs Rolls-Royce (ainsi que des équipages formés à son pilotage). Les problèmes de mise au point rencontrés par Rolls-Royce avec les moteurs Trent 7000 de l’A330neo ont quasiment retardé d’un an l’entrée en service chez TAP Air Portugal, compagnie de lancement du premier exemplaire de la nouvelle version. Ce biréacteur long-courrier remotorisé se présente comme un concurrent du Boeing 787 qui connaît lui aussi des soucis comparables avec ses moteurs Trent 1000.

Une immatriculation maltaise pour rassurer

Le 1er février prochain, lors de l’ouverture de la desserte Dakar-Paris-Dakar, l’A330neo immatriculé 9H-SZN et baptisé Casamance sera toujours au sol sur la ligne d’assemblage final à Toulouse et sans moteur sous les ailes. Pourtant, les formalités administratives étaient bien avancées avec l’attribution de l’immatriculation 9H, celle de Malte. L’aviation civile de l’île de Malte a l’énorme avantage d’être du ressort de l’Agence européenne de la sécurité aérienne. Même si son homologue maritime n’a pas une réputation en béton, ce tampon maltais en aviation est apprécié par les compagnies d’assurances et surtout par les organismes financiers qui doivent épauler l’État sénégalais. Au travers de sa caisse de dépôts et de consignations, l’ÉtaT sénégalais s’est porté acquéreur de deux A330neo au tarif catalogue Airbus de 296 millions de dollars pièce. Le deuxième A330neo d’Air Sénégal, baptisé Sine Saloum, est, lui, attendu l’an prochain. De fait, Air Sénégal sera la première compagnie africaine à exploiter cette nouvelle version de l’A330 avant Air Mauritius. L’aménagement cabine retenu, pour un total de 290 passagers, est réparti en 3 classes : 32 sièges-couchettes en classe affaires, 21 sièges en premium économie et 237 en classe économie. Une configuration assez proche de celle des avions d’Air France, l’autre compagnie qui vole sur la ligne Paris-Dakar. Au regard du fait que la compagnie Corsair a été priée de se retirer de la ligne Paris-Orly-Dakar à la fin de ce mois.

Au cœur des enjeux de la présidentielle

Quoiqu’il en soit, Air Sénégal n’a pu échapper de se retrouver au cœur de l’élection présidentielle et de quelques polémiques. Le chef de l’Etat Macky Sall a fait l’annonce des noms de baptême fin décembre lors de la cérémonie de dédicace de son livre Le Sénégal au cœur. La Casamance et le Sine Saloum sont deux zones qui seront érigées en pôle de développement dans la dynamique de réaménagement du territoire inscrit dans le du plan Sénégal émergent (PSE), pierre angulaire d’une politique économique mise en place par le président Macky Sall pour mieux préparer le Sénégal aux défis qui l’attendent en ce début de XXIe siècle. Aussi est-il important que, malgré le retard de livraison, la ligne Dakar-Paris-Dakar soit ouverte avant le scrutin du 24 février, exigence qui porte en elle d’inévitables arrière-pensées électorales.

La solution pour respecter la date annoncée : la location d’avion

Comment décoller sans son propre appareil coincé dans son usine d’assemblage à Toulouse ? Voilà une question que les dirigeants d’Air Sénégal se sont posés et pour laquelle ils ont trouvé une solution provisoire. C’est sur un A330 d’ancienne génération loué à HiFly que leur choix s’est porté. Servant souvent de dernier recours pour nombre de compagnies quand un appareil est en panne ou quand un transporteur doit faire face à une grève ou à une pointe de trafic, HiFly est une compagnie portugaise spécialisée dans la location d’avions avec équipage et qui dispose d’une flotte d’Airbus, y compris un super-jumbo A380. L’appareil qui sera loué à Air Sénégal appartenait à Emirates. De son passage sous pavillon émirati, il a conservé la cabine haut de gamme avec une classe affaires de 24 sièges-lits plats de 2 mètres et une classe économique aux sièges largement espacés. Cela a un coût sur la base d’environ 12 000 euros de l’heure. Sachant que pour un aller-retour Dakar-Paris, il faut compter entre dix et douze heures, la facture apparaît d’ores et déjà comme salée. Cela dit, elle ne devrait pas être assumée par Air Sénégal seule. Elle va donner lieu à une négociation entre Airbus et Rolls-Royce.

Tout est bien qui finit malgré les difficultés de mise en œuvre. Il y aura donc bien le 1er février un vol Air Sénégal vers Paris. Sur le fuselage de l’A330 dont l’équipage sera composé de navigants de HiFly, il y aura un autocollant Air Sénégal en attendant que tout rentre dans l’ordre du côté d’Airbus et que la compagnie sénégalaise prenne possession de son propre Airbus A330neo.

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