AFRIQUE DU SUD, LA HONTE


AFRIQUE DU SUD, LA HONTE

AFRIQUE DU SUD, LA HONTE

La vague d’attaques violentes en Afrique du Sud est d’une gravité affligeante.

Elle étonne et choque l’Afrique toute entière qui a espéré, longtemps, un grand pays africain développé, moderne, tolérant et structurellement panafricaniste, servant d’exemple, aux autres peuples, de ce qu’on appelait alors le tiers monde .

Voir ce magnifique « pays arc en ciel », chanté par Nelson Mandela, que nous avons tant aimé et soutenu, dans son combat pour la liberté et la dignité, en proie aux démons du racisme et de la xénophobie, nous déconcertent et nous laissent pantois.

Ce peuple qui a particulièrement souffert de l’ignominie de la division et qui l’a victorieusement combattu Ce peuple, fier des traditions africaines de la joie et du bonheur, qui longtemps a espéré la liberté et qui a porté l’espoir du continent noir, pendant si longtemps.

Ce sont certains de ces hommes là que l’on entend, aujourd’hui, vociférer les mêmes slogans haineux,appris de la bouche des ennemis d’hier et tuer des innocents et, saccager leurs biens .

Cette violence xénophobe, est incompréhensible et inadmissible pour nous qui avons lutté, et même soufferts, pour qu’ils soient libres. Nelson Mandela doit se retourner, dans sa tombe, en sentant, « ce peuple de la liberté » sombrer dans Les pires dérives, mimétiques, de la xénophobie et du racisme et s’inspirer de la période la plus sombre de son histoire, pour commettre l’insoutenable.

Cette Afrique du Sud qui, durant ce difficile et long combat contre l’apartheid a été la fierté du peuple noir et de ses alliés. Ces hommes et ces femmes, qui s’étaient identifiés à la cause noire et qui suivaient et défendaient partout, dans le monde, ce noble et juste combat.

Nous pensons au panafricaniste Kwamé Touré née Stockely Charmikael, époux de la sublime Myriam Makeba. Nous pensons à Ahmed Ben Bella remettant le premier passeport, de l’Algérie indépendante à cette même, Myriam Makeba Nous pensons aussi à ce geste historique de Léopold Sédar Senghor, certains veulent l’oublier, offrant à Nelson Mandela, à Dakar, son premier passeport d’homme libre.

On était éblouis par la qualité de cette résistance glorieuse, que les damnés de Soweto, courageux et déterminés, livrait à ces racistes, dégénérés, qui projetaient leurs molosses sur les jeunes enfants noirs .

On était consternés par la politique d’apartheid, cette nébuleuse institutionnelle, qui théorisait la haine raciale, prônant un système pervers de séparation des hommes, en faveur d’une minorité blanche qui s’est imposée par la violence brute.

Cette organisation inique qui, pendant trente quatre années, a maintenu la majorité noire sud africaine dans des liens proches de l’esclavage.

Et voir MADIBA, ce héros de la résistance, sortir la tête haute de la prison de Robben Island, adoubé par le monde entier, prôner la réconciliation, la justice et la paix, nous a laissé ébahis, nous qui pensions q’une revanche des noirs était inévitable.

Le monde entier était séduit par les yeux rieurs et pétillants du leader charismatique, son sourire désarmant, ses mots, d’une force et d’une simplicité rares, qui transportaient tous les repères de lendemains heureux.

Dans l’allégresse de la liberté retrouvée, certains en Afrique ont pensé, maintenant à tort encore une fois, que l’Afrique du Sud, allait donner l’exemple au continent noir et devenir encore plus grande, plus prospère, plus généreuse et s’imposer, symboliquement, comme la «terre promise des noirs».

Dès l’entame de cette migration, les nouveaux arrivants ont cependant trouvé un climat, délétère, d’une sourde hostilité. C’est cette atmosphère là, imperceptible au début, des masses populaires frustrés, déçus et désenchantés, qui expliquent la situation explosive d’aujourd’hui .

On savait que le génie de Mandela pouvait participer à transcender et circonscrire les frustrations, calmer les « oubliés de l’indépendance » mais qu’après sa disparition la situation de l’Afrique du Sud pouvait être compliquée.

Aujourd’hui, ce sont des centaines de manifestants, pour la plupart pauvres, déchaînés et haineux, qui brûlent et pillent les bâtiments et les magasins des migrants économiques noirs, venus chercher asile et protection et participer au développement du pays.

Le président Cyril Ramaphosa, semble avoir pris la mesure de cette terrible dérive qui déconcerte et choque les nombreux amis, de l’Afrique du Sud, qui sont disséminés partout dans le monde et qui suivent, honteusement, ces attaques ciblées.

L’échec des politiques de développement misent en place par les autorités sud africaines, la pérennisation du chômage et de la pauvreté, la poursuite de l’appropriation de l’économie et des terres par les colons blancs; installent un climat de désenchantement et de frustration qui ont fait des immigrants des rivaux économiques et attisent une haine féroce à leur encontre.

Ces immigrés, qui ne rechignent ni à l’emploi ni à l’effort et qui sont devenus les boucs émissaires du marasme économique sud africain et de la persistance d’une pauvreté endémique.

A YAKHADIEUF

A Propos de l'auteur



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