UN BARON HAUSMAN SÉNÉGALAIS


UN BARON HAUSMAN SÉNÉGALAIS

UN BARON HAUSMAN SÉNÉGALAIS

Enfin, les pouvoirs publics semblent prendre vraiment conscience de l’impérieuse nécessité de combattre l’anarchie urbaine qui fait que Dakar présentant un visage hideux est, de plus en plus, indigne d’être la capitale du Sénégal.

Le désordre urbain est à son paroxysme et il persiste, en même temps, une cacophonie et une indiscipline, qui heurtent les consciences et interpellent l’ensemble de nos concitoyens.

Dakar a été durant, toute la période coloniale ,la perle de l’Afrique occidentale suivant les mots du capitaine de vaisseau Protêt, qui l’a fondé en 1857, la ville la plus policée, la plus structurée et la plus belle des villes françaises d’Afrique noire, qui rayonnait dans le monde « comme un foyer de lumière ».

La capitale de l’Afrique Occidentale Française, était citée en exemple partout, de par l’architecture de ses bâtiments, l’ordonnancement de ses grandes artères et la discipline de ses natifs noirs qui étaient tous français dès 1916, par la loi BLaise Diagne du 29 septembre 1916, et l’environnement marin somptueux d’une presqu’île de rêve.

C’est ainsi qu’en 1953, l’architecte le plus talentueux de tous les temps, le Corbusier, entreprit de construire sur les rivages d’une des baies les plus éclatantes du monde, un hôtel prestigieux qui aujourd’hui fait référence (Ngor Diarama ex Méridien ).

L’autre jour encore, devant ce bâtiment éternel, scandaleusement délaissé par les Sénégalais qui aiment le clinquant, j’ai croisé un étudiant en architecture asiatique, les larmes aux yeux, faisant un croquis et taraudé par une émotion intense.

Il était en pèlerinage et m’a questionné sur Dakar et sur l’anarchie urbaine qui y règne (la saleté, les ordures, les fosses qui débordent) étonné par l’aspect de ce qu’il a appelé « la ville de Le Corbusier » et j’ai eu franchement honte.

En son temps, Dakar rivalisait seulement avec Saint Louis du Sénégal, que chantait Ousmane Socé Diop, dans Karim, « Centre de l’élégance et du bon goût français » et qui refusait, fièrement, la prééminence de Dakar. Avec l’indépendance et la liberté retrouvée, nous étions sûrs et remplis d’espoir, inspirés par Léopold Sédar Senghor, qu’avant l’an 2000, la mignonne ville de 300 000 habitants, serait un « Petit Paris ».

Et, patatras et encore patatras, une conjonction de paramètres désastreux et non maîtrisés, est venue aliéner tous les plans optimistes élaborés. Il y a tout d’abord une sécheresse longue et pernicieuse qui a poussé nos valeureux paysans à fuir leurs champs desséchés.

Et puis le corollaire, annoncé, des premiers signes de ce qui deviendra le désastre écologique. l’exode rurale, qui a installé, d’abord, la campagne à la périphérie de la capitale participera à rendre Dakar, rapidement méconnaissable.

Et puis l’importante immigration, non maîtrisée et désordonnée, consacrée par les accords de libre circulation, des populations de la sous région, et la teranga sénégalaise ont laissé, ces nouveaux et pauvres habitants, s’installer dans de sordides baraquements et des gargotes, au milieu même des trottoirs.

Comment expliquer les centaines de garages, et les parkings de voiture, qui se sont installés partout dans la ville et sa périphérie.

La cohorte des armées de mendiants et les centaines de talibés qui errent dans la ville sans logis, souvent, et toujours sans hygiène L’indiscipline, subite et imprévisible, des Sénégalais et de nos hôtes de la sous région est venue exacerber et complexifier la situation et la rendre inextricable.

Les horribles taxis jaunes,souvent des épaves, qui se disputent les clients, vociférant, claxonnant, et ne respectant en rien le code de la route. Le Chef de l’état devrait nommer un haut commissaire uniquement chargé du désencombrement et de l’harmonisation des villes, avec des moyens conséquents et mettre l’armée à sa disposition.

Nous avons l’exemple du Paris des labyrinthes de Gavroche et d’Esmeralda, que chante Victor Hugo, qui malgré sa belle architecture et ses beaux monuments, recelait des oasis de désolation qui rappelle étrangement Dakar du 21e siècle .

Mais la France a eu la chance d’avoir Le Baron Hausman, surnommé Atila, qui décida, à partir de 1853 et pendant 18 ans et le mot n’est pas trop fort emprunté à la mythologie grecque, de « nettoyer les écuries d’Augias » sous le second empire, avec la bénédiction de Napoléon lll.Qui sera le donc le baron Hausman sénégalais ? Pour redonner à notre capitale ses lettres de noblesse.

 

A Propos de l'auteur



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