Boris vs Bachir : Le duel qui excite la toile


Boris vs Bachir : Le duel qui excite la toile

Boris vs Bachir : Le duel qui excite la toile

Le débat est de haut niveau. Entre l’écrivain Boubacar Boris Diop et le philosophe Souleymane Bachir Diagne, c’est une véritable « joute » intellectuelle autour d’un « hommage » ou « attaque » à (ou contre) Cheikh Anta Diop.

Dans son texte intitulé « Bachir tu permets », Boubacar Boris Diop déclenche les hostilités:
« Souleymane Bachir Diagne aurait prêté à Cheikh Anta Diop une position qui n’est pas du tout la sienne ? Je n’ai nulle envie de laisser entendre qu’il s’agit là d’une falsification délibérée. Il est bien possible que Bachir n’ait tout simplement pas fait le nécessaire distinguo entre l’unité linguistique appelée de tous ses vœux par Cheikh Anta et une unicité linguistique si incongrue qu’elle ne mériterait même pas une minute de réflexion ».
La réponse du philosophe n’a pas tardé. Morceau choisi :
« Alors qu’ils partagent tous les deux la même ferveur panafricaniste d’un nécessaire remembrement de l’Afrique, Ngugi Wa Thiong’o insiste pour dire que ce remembrement se fera dans le pluralisme linguistique, l’unité se faisant par la traduction, quand Cheikh Anta Diop insiste sur la nécessité du choix d’une langue d’unification. Les deux positions se défendent dans une discussion honnête et celle qui considère une langue comme instrument d’unification est en effet la définition du jacobinisme. Je penche pour ma part pour le remembrement sur la base du pluralisme linguistique et d’une philosophie de la traduction. Penser ainsi est commettre quelque crime de lèse-majesté ? Avons-nous donc affaire à une religion ? », S’interroge Souleymane Bachir Diagne, dans son texte-réponse intitulé : l’Or et la Boue.
Cette discussion entre Boubacar Boris Diop et Souleymane Bachir Diagne, est largement commentée sur la toile, notamment sur Facebook.
« Bachir vs Boris ; avouez qu’ils nous ont régalés ! Depuis quand sommes-nous sevrés de ces succulents échanges intellectuels» se délecte Amadou Moustapha Gaye. Le journaliste Sadikh Top, embraie dans le même sens. « Notre pays, s’il est doté d’intellectuels de haut niveau, ceux-ci n’ont pas la culture du débat public, des arguments et des contre-arguments. C’est là que l’on peut comprendre, à mon sens, l’importance de ce débat soulevé par Boris Diop et Bachir Diagne. D’ailleurs, j’espère que, suite à la belle réponse de ce dernier, les deux intellectuels transcenderont la personne de Cheikh Anta Diop – c’est ce qu’il aurait sans doute voulu – pour aller dans le fond de la pensée scientifique, en ce qui concerne l’apport de notre continent dans la construction de la civilisation occidentale et de la recherche scientifique », espère Top.
 »Intelligentsia africaine dynamique et rayonnante à l’universel »
Dialigui Kané, membre de la société civile n’y voit que bénéfice pour le continent. « Le fait qu’il (le débat sur les langues en Afrique) soit remis au goût du jour par ces deux respectés intellectuels, symboles d’une intelligentsia africaine dynamique et rayonnante à l’universel ne fait que redorer l’image d’une Afrique des idées qui contribue à éclairer les pistes multiples par lesquelles l’avenir du continent se fera ou ne se fera pas », se réjouit l’acteur de la société civile Dialagui Kane, à travers un post Facebook.
Imam Kanté, quant à lui, encourage ce genre d’initiatives, au grand bénéfice de l’Afrique
 « Nombre d’intellectuels africains ne débattent de questions portant sur l’Afrique que dans des revues spécialisées (non africaines). Pour la reconnaissance (par des cercles occidentaux) ou leur carrière universitaire.
Ou bien rémunérés souvent par des organisations étrangères qui ont leur propre agenda, dans des lieux luxueux. Donc, il faut se féliciter de ce genre de débat sur l’Afrique, par les Africains et pour l’Afrique ».
Cependant, tout le monde n’est pas emballé.Certains se disent gênés de voir ces deux intellectuels se déchirer de cette façon.

A Propos de l'auteur



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