DIAWARA ,LE POUVOIR et la LA SENEGAMBIE


DIAWARA ,LE POUVOIR  et la LA SENEGAMBIE

DIAWARA ,LE POUVOIR et la LA SENEGAMBIE

La rédaction de Westinfos est, fortement, attristée par la disparition du patriarche gambien.

Sir Daouda Kairaba Diawara, anobli par la reine d’Angleterre, rappelé à dieu ce mardi 26 août 20019 .

Élu président de la république de gambie le 24 avril 1970 par l’assemblée nationale gambienne, il remplaçait ainsi à la tête de la Gambie, par les subtilités de la couronne britannique, la reine Elisabeth 2, chef du Commonwealth.

Avant lui, la Gambie préparant son indépendance, avait comme premier ministre, un homme illustre, droit, sincère et cultivé, un ouoloff bon teint, qui adorait le Sénégal et ami de Léopold Sédar Senghor, Pierre Sarr Ndiaye, qui dirigeait le united party ( UP).

En 1970, Pierre Sarr Ndiaye malgré les avertissements de son entourage proche, et les conseils de trois frères Diogomaye, Mamadou et Keba Cissé, descendants du Chef Sawalo Cissé, arrière petit fils de Salim Cissé Souaré qui voulait par la force imposer la senegambie et dont la photo, à cheval en 1851, est jointe à cet article alors que la découverte de la photographie date de 1839.

(c’est l’unique photo, d’un monarque noir à cheval, un puissant aristocrate anglais debout devant lui, trouvé dans les archives françaises et anglaises).

Dans cette photo protocolaire, il recevait, un plénipotentiaire anglais, cousin de la reine victoria d’Angleterre, qui régna de 1837 en 1901 ,et s’inquiétait de l’agitation dans le Pakala, surtout dans les deux villages, Ndiaw Bambali en Gambie et Ndiaw Sawalo au Sénégal, que Bour Pakala voulait réunifier, au grand dam de la France et de l’Angleterre, qui redoutaient des troubles, des villageois hostiles à la séparation des deux pays.

En 1863, il accueillit, à Ndiaw Bambali, un tout jeune marabout, âgé seulement de dix ans envoyé par son père, pour parfaire l’apprentissage du coran, donné par un marabout soufi maure.

À la mort de Sawalo Cisse, son fils Oumar installé sur le trône, a été obligé de signer un acte d’allégeance à l’Angleterre et les deux villages perdirent de leur éclat. Les héritiers du trône de Sawalo, tous adeptes de la senegambie et hostiles à la séparation des deux peuples, suppliaient Pierre Sarr Ndiaye de repousser la date des élections et de mieux se préparer, pour ne pas les perdre.

En parfait démocrate, Pierre Ndiaye, décide alors de maintenir l’échéancier électoral et d’organiser les premières élections totalement démocratiques en Afrique, supervisé par le gouverneur jhon Paul farimeng mamady Singathey, représentant de la reine d’Angleterre.

Il faut dire que le premier, premier ministre gambien ,qui était un fin patriote, n’était nullement hostile à une senegambie réunifiée, mais pensait qu’il fallait l’installer démocratiquement, avec l’assentiment de toutes les populations. Il me semble que s’il avait été élu, en 1970, la senegambie serait, peut être aujourd’hui une réalité.

Toutefois Léopold Sédar Senghor ne faisait nullement de cette réunification une priorité et durant la période de transfert des compétences de la France, n’a abordé ce problème ni avec le général Degaulle, ni avec la couronne britannique, selon les archives disponibles en France.

Et l’on sait que quand Sir Ahmadou Belo, gouverneur de la région du nord du Nigeria, qui est d’origine sénégalaise, a répondu à l’invitation du Sénégal après l’indépendance, le président Senghor, lui aurait dit  »  qu’il n’y avait pas de problème » David Diawara, qui se convertira, plus tard à l’Islam et s’appeller Daouda, va faire en 1970 une campagne, un tantinet ethniciste, au grand dam de Pierre Ndiaye, qui va perdre le pouvoir facilement.

Ceux qui pensent que la Gambie a toujours eu des régimes autoritaires ont tout faux, avec Pierre Sarr Ndiaye, la Gambie a été la plus parfaite démocratie d’Afrique.

Daouda Diawara, va donc s’accrocher au pouvoir jusqu’en juillet 1994 et en sera chassé par un fantasque officier autoritaire gambien, Yaya Diamé, qui deviendra plus tard, ironie de l’histoire, son beau fils.

Yaya Diamè qui a son tour, omnibulé par le pouvoir et convaincu de son aura et de l’adhésion des populations à sa personne et d’une protection mystique décide, comme l’avait fait Pierre Ndiaye en son temps, mais contraint par ses pairs africains et l’occident, d’organiser des élections libres et transparentes.

Il va bien entendu, lui aussi, perdre le pouvoir et ,après une valse hésitation et une forte pression sénégalaise, le quitter et se réfugier en Guinée Équatoriale.

L’homme qui va arriver à la tête de l’état gambien, Adama Barrow, a une approche du pouvoir qui rappelle beaucoup, Pierre Sarr Ndiaye, son assertion démocratique, son honnêteté et sa bonhomie et nous pensons qu’il peut raffermir la démocratie gambienne.

Nous savons, que le « règne » de Daouda Kairaba Diawara n’a pas été un long fleuve tranquille et il a subi de graves tentatives de coup d’état et a dû son salut, une fois, à l’intervention directe des forces armées sénégalaises, qui l’ont remis sur « son trône » à Banjul.

C’était l’occasion rêvée de réunifier les deux pays frères mais, subtilement, Daouda Diawara réussira à imposer à ses obligés sénégalais, une curieuse confédération, qui nécessairement, allait s’étioler avec le temps.

Aucun peuple n’est si proche de nous que la Gambie, nous avons le même territoire, la même cosmogonie, la même histoire, les mêmes langues, la même culture, les mêmes goûts alimentaires et nous sommes, ensemble, victimes du machiavélisme colonial et de la paresse des gouvernants, qui nous ont séparé.

Westinfos présente donc ses condoléances attristées à toute la nation sénégambienne et prie qu’Allah l’accueille en son paradis firdawsi et qu’un jour ces deux peuples, séparés artificiellement, se retrouvent réunis, pour former une grande nation.

AZO YAKHADIEUF



palm
palm
palm
palm