Falmata, rescapée de Boko Haram: «J’ai refusé d’actionner la bombe»


Falmata, rescapée de Boko Haram: «J’ai refusé d’actionner la bombe»

Falmata, rescapée de Boko Haram: «J’ai refusé d’actionner la bombe»

 

Falmata Bunu était «programmée» par Boko Haram pour mener une mission suicide. Séquestrée plusieurs mois, mariée tour à tour à trois membres de la hiérarchie de Boko Haram, son sort semblait scellé. À la disparition du dernier commandant l’ayant marié de force, la jeune femme refuse de faire exploser la bombe attachée sur elle. Falmata se reconstruit et vit aujourd’hui dans un camp à Maiduguri.

 

Pendant longtemps, c’était une épreuve pour Falmata de sortir de son logement de fortune puis de marcher et traverser le camp de Bakkassi. À chaque pas, des quolibets et ricanements provenant d’autres déplacés comme elle. « Regardez-la, c’est une épouse Boko Haram ! », fuse le plus souvent. Et pour seule réponse, Falmata avance en silence. Le regard droit, le port altier. Mais ses mains triturant et réajustant son long voile noir trahissent son désarroi. Falmata a toujours mis un point d’honneur à ne jamais s’effondrer devant les autres. À ne pas céder face à l’agressivité sans fard de certaines voisines, de certains voisins victimes comme elle de Boko Haram. « Ces insultes, c’est comme recevoir à chaque fois des coups de poignard dans le dos, confie Falmata. Mais j’arrive à supporter, car c’est ici que j’ai retrouvé mes parents. J’ai beaucoup de chance en fait. D’autres femmes ayant connu la même expérience que moi sont rejetées par leurs proches. »



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