FORTES PLUIES A DAKAR : Le TER des lamentations à la Zac de Mbao.


FORTES PLUIES A DAKAR : Le TER des lamentations à la Zac de Mbao.

FORTES PLUIES A DAKAR : Le TER des lamentations à la Zac de Mbao.

Le ciel a ouvert hier, jeudi, ses vannes sur Dakar au petit matin. Il était difficile pour beaucoup de se rendre au travail. Les rues imbibées, le trafic était pénible. En banlieue, les travaux du TER ajoutés aux inondations depuis des années, ont rendu la situation catastrophique. Les populations réclament, vivement, des canalisations.

L’attente a été longue. Et l’on croyait depuis quelques semaines que la pluie avait fini de «boycotter» le Sénégal. Fort heureusement, les premières grosses gouttes d’eau (pour la deuxième fois lors de cet hivernage) sont tombées hier sur Dakar. Au chant du coq. Au moment où les habitants de la banlieue s’apprêtaient à regagner leurs lieux de travail, vers 5 heures, à l’appel du muezzin pour la prière de l’aube.
Cependant, si après des jours de canicule la pluie était trop attendue partout dans la capitale du Sénégal et à l’intérieur du pays, à la Zone d’aménagement concertée (Zac) de Mbao et dans d’autres localités de la capitale, les eaux de pluie sont sources de malheur.
Et pour cause, à cause des inondations ajoutées aux «interminables travaux du TER», selon Modou-un rabatteur à l’arrêt de Rufsac- les populations ont vécu le pire.

« Vers 6 heures, c’était très difficile pour les populations de vaquer à leurs préoccupations. La voie était imbibée d’eau. Difficile avec l’obscurité de voir où poser le pied et regagner la nationale 1. Les gravats jonchent le sol. Les morceaux de ferraille font aussi partie du décor. Les issues menant à l’intérieur, sont bouchées. Les mamans dont la plupart sont vendeuses de poisson ont, à leur tour, subi la situation qui s’est offerte à elles, ce jour», témoigne-t- il.

Quelques minutes avant 8 heures, la situation ne s’était pas décantée. Les employés dont les services se trouvent soit en centre-ville soit aux alentours, squattaient encore les arrêts pour trouver un transport en commun. Il y avait du monde sur les lieux. Comme cette jeune dame qui travaille dans une banque de la place, située à Dakar-Plateau. « Je ne sais pas ce que je vais raconter à mon supérieur hiérarchique. Je suis vachement en retard. Je devais débuter le service au plus tard, à 8h30 minutes. Me voici ici encore en train d’attendre un bus. J’ignore vraiment l’heure à laquelle je vais arriver au bureau », se lamente-t-elle. À ses côtés, un autre employé est dans le désarroi.

La mine déconfite, Ousmane, appelons-le ainsi, écarquille ses yeux. « La situation est déplorable. On s’attendait à une situation de ce genre. Depuis les travaux du TER, tout le monde savait que dès que les premières pluies tombe- raient, la Zac Mbao allait être coupée du reste de la capitale». Pas subjectif. Au niveau de la Station Total, au rond-point qui mène au garage du Mali à Dakar, au Foyer de Charité et vers la cité Capec, les eaux de stagnent partout. Il faut patauger. Remonter le pantalon, le pagne ou la jupe longue. Plonger les pieds dans la boue rougeâtre. Trouver un sachet d’eau (pour faire sa petite toilette de rue) avant de monter sur le premier bus en partance pour le centre-ville.

Les chantiers du TER jumelés au manque de canalisation et de passerelles, sont passés par là. « Nous allons porter plainte contre l’État pour être dédommagé. On nous avait annoncé un délai de deux mois pour la fin des chantiers. Ce délai est dépassé depuis plus d’un mois. Et au rythme où vont les travaux, nous sommes sûrs que ce n’est pas maintenant le bout du tunnel », déplore le gérant du Complexe Aly, un hôtel-bar-restaurant sis au rond-point de Grand Mbao.

Pour notre interlocuteur, inutile de demander à l’État un dédommagement. Il doit le faire directement, à juste raison. « Avec la situation qui nous est imposée, cela doit être automatique. L’adjudicataire des chantiers sait que notre chiffre d’affaires a drastiquement baissé», poursuit notre interlocuteur qui fait office de gérant en l’absence du patron.

Même la mairie «nage»…

En effet, situé au rond-point de Grand Mbao, le Complexe Aly a presque fermé boutique. Le portail qui jouxte la mairie de ladite localité, est obstruée. La seule issue qui mène désormais à l’hôtel-bar-restaurant, est impraticable.

Les eaux venues du rond-point y pénètrent sans difficulté en l’absence de canalisation. Les véhicules ne peuvent plus se garer. Les clients, même à pied, galèrent pour y accéder. « Nous ne savons plus à quel saint nous vouer. Nous ne pouvons plus faire face à nos charges sociales. Les salaires tardent. Les employés sont mécontents. Mais l’État ne nous donne pas trop de choix », justifie notre interlocuteur qui persiste sur sa plainte pour que justice « financière » soit faite. Non loin de là, la mairie de Mbao.

Tristement rendue célèbre pour être l’une des mairies inondées tous les ans, la municipalité patauge, à nouveau. Le portail principal est fermé. Il faut faire de la gymnastique pour y accéder à partir d’une porte « dérobée ».
« Nous faisons avec. Mais les inondations sont moins difficiles à supporter que le vent de poussière », déclare un agent de la Division du Service technique de la mairie.

Atteint de sinusite, l’homme en pleine réparation d’un groupe électrogène pour le pompage des eaux, se dit enfin mieux, bien plus avec les eaux qu’avec la poussière.


A Propos de l'auteur



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