LE KHALIFE,L’ARCHEVÊQUE,ET MASSALIKUL


LE KHALIFE,L’ARCHEVÊQUE,ET MASSALIKUL
Il est des initiatives souvent imprévisibles , spontanées ,qui renferment une symbolique de haute facture qui ,toujours, apaisent les doutes et les inquiétudes accompagnant la vie.
 Le dialogue islamo -chrétien qui mobilise les hommes de bonne volonté dans le monde est ,depuis toujours au Sénégal, une bienheureuse réalité. Il rythme notre vie religieuse et consacre une fraternisation entre musulmans et chrétiens ,d’une intensité que l’on ne retrouve nulle part dans le monde.
 Michel Debré ,premier ministre français,s’était inquiété auprès du Général De Gaulle des difficultés que pourraient avoir ,le catholique Léopold Sédar Senghor ,pour conserver son leadership après le transfert des compétences de la France à la fédération du Mali ,le 4 avril 1960 .
Connaissant le Sénégal , mieux que quiconque , ayant à côté de lui Georges Pompidou condisciple de l’homme politique sénégalais,et ayant lié des liens fraternels avec les autorités religieuses et coutumières,l’homme du 18 juin 1940 a balayé d’une main ses inquiétudes avec un tonitruant :
« Les Sénégalais sont tolérants et le sont même mieux que nous encore ,Senghor n’aura aucun problème ,il est protégé par les marabouts influents «
D’ailleurs, dans la dernière période de la colonisation ,toute la haute administration blanche,le Gouverneur Général de L’AOF en tête ,assistaient debout à la prière de Korite et de la Tabaski et le grand Serigne de Dakar arrivait à Cheval ,pour la prière ,accompagné de sa cour .
Et il avait raison le chef de l’état français,malgré quelques soubresauts  et l’éclatement de la fédération du Mali ,Léopold Sédar Senghor n’a quitté le pouvoir ,que quand il l’a décidé suivant un échéancier qu’il gardait jalousement et a même pu imposer un dauphin,Abdou Diouf ,qui restera à la tête de l’état pendant deux décennies.
 Durant la difficile période de la quête de l’indépendance ,Léopold Senghor ne s’est jamais soucié de l’appartenance ethnique où religieuse de ses collaborateurs,imposant à ses côtés celui qui était certes le plus loyal et le plus compétent,mais qui était aussi un musulman fervent ,Mamadou Dia .
Le président du Conseil qui ,n’a pas hésité à aller solliciter en France un ecclésiastique dominicain ,austère et rigoureux,le Révérend Père Lebret ,qui se proposait de « remettre l’économie au service de l’homme »,pour l’aider magistralement à arracher l’agriculture des mains indues et la rendre,en les organisant,aux paysans sénégalais ,au grand dam  ,des ex autorités coloniales.
Et je n’évoque pas ,tellement ils sont évidents et pérennes ,les liens de confiance ,  fraternels ,qui existent et qui s’expriment dans la vie quotidienne,à travers un dialogue constant apaisé,entre les membres de la majorité musulmane et les chretiens sénégalais dont ils doivent être les protecteurs ,dans un monde agité par la violence .
 Et qui n’a pas vu ,Mr Tulibano ,l’ambassadeur des États Unis au Sénégal,que l’on croyait naturellement distant de par l’importance de sa charge ,respecter la tradition et distribuer, personnellement ,le Ngalakh des Chrétiens à ses voisins musulmans , ne peut pas comprendre la qualité de cette fraternité.
Nous avons vécu ,ces derniers jours ,une incompréhension liée à l’affaire des foulards de l’institution Sainte Jeanne d’arc et fustigé quelques dérapages,de part et d’autres,qui ne nous ressemblent guère.
Cependant et c’est tant mieux,nous avons vu ,partout,des initiatives spontanées de personnes de bonne volonté essayant de trouver une solution équilibrée à cette « interdiction du port du foulard « faite sans une concertation suffisante entre l’institution catholique et les parents d’élèves musulmans .
 Les sénégalais n’ont pas le droit d’importer ,sur leur sol ,la controverse franco -française sur le voile,ponctuée par des lois inadaptées ,prisent sous l’émotion et la précipitation,l’état s’en mêlant d’une manière inappropriée,qui sont venues compliquer les relations entre les irréductibles de la population et ceux qui pensaient que le voile faisait  partie de leur identité musulmane.
Massalikul Djinaan est venue avec son puissant
symbolisme nous montrer les voies de la sagesse et de la paix religieuse,dans les regards remplis de bonté,échangés entre ,Serigne Mountakha Mbacke le Khalife général des Mourides et Monseigneur Benjamin Ndiaye l’archevêque de dakar.
Et puis,naturellement et cela ne peut se passer qu’au Sénégal,les portes de la cour de l’église Saint-pierre se sont ouvertes spontanément offrant un espace sacré de prière à ceux qui n’avaient pas trouvé de place dans Massalikul Djinaan .
Ceux qui ont ouvert tranquillement , les portes de cette église ,ne pouvaient pas imaginer la dimension symbolique exceptionnelle de leur geste,qui est un des moments forts ,imprévisibles ,de cette inauguration,pour la paix et l’harmonie religieuse au Sénégal.
Ceux qui ,soulagés,ont franchi cette porte,étendu au sol leurs tapis de prière ,et qui sont peut être entrés pour la première fois dans une église ,ont été sûrement imprégnés de l’esprit de Massalikul Djinaan  ,ponctué par le message de paix de Serigne Touba.
Ces événements ,d’une grande portée symbolique ,liés à l’inauguration de la plus grande et belle mosquée d’Afrique de l’Ouest ,sont venus apporter une réponse éclatante à ceux qui s’inquiétaient de la pérennisation des relations fraternels entre musulmans et Chretiens au Sénégal.
Et c’est ce même jour béni,où rien ne nous était impossible,que Macky Sall a pris l’initiative de raccompagner à son domicile,comme tout fils doit toujours le faire pour son père, Me Abdoulaye Wade qui a tant fait pour lui ,après avoir prié à ses côtés et reçu ,en même temps que lui ,les bénédictions de Serigne Mountakha Mbacke ,le Khalife Général des Mourides.


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