Nickel, Hello bank ! , robots : BNP Paribas récolte les fruits de sa digitalisation


Nickel, Hello bank ! , robots : BNP Paribas récolte les fruits de sa digitalisation

La vaste transformation numérique engagée depuis deux ans, qui vise à dégager 3,3 milliards d’euros d’économies annuelles récurrentes, se traduit par une forte hausse des utilisateurs actifs chez la marque mobile Hello bank! en France et la croissance continue des ouvertures de comptes Nickel chez les buralistes.

BNP Paribas poursuit sa mue numérique. Pilier de son plan stratégique sur la période 2017-2020, cette transformation vise notamment à réduire les coûts dans un environnement de taux bas (bien parti pour durer puisque la BCE parle ouvertement de baisser les taux d’intérêt), qui pèse sur les revenus et la rentabilité des banques.

« Initialement, l’objectif était de dégager 2,7 milliards d’euros d’économies annuelles récurrentes à partir de 2020. Nous avons porté cet objectif à 3,3 milliards d’euros », a rappelé le directeur général de BNP Paribas Jean-Laurent Bonnafé, ce mercredi 31 juillet, lors de la présentation des résultats du deuxième trimestre de l’année devant la presse.

L’enveloppe d’investissements dédiée à cette transformation a presque été entièrement dépensée. Sur les 3 milliards d’euros prévus, il ne reste plus que 300 millions d’euros à investir, a indiqué le directeur général.

Les efforts de la banque de la rue d’Antin en la matière ont vraisemblablement porté leurs fruits.

« Le digital, ça explose ! Au deuxième trimestre de l’année, nous avons enregistré 76 millions de connexions sur nos applications mobiles, soit une croissance proche de 30% [28% très exactement, ndlr]. Bientôt, nous allons atteindre un million de connexions par jour », a fait valoir Thierry Laborde, directeur général adjoint en charge des marchés domestiques de BNP Paribas.

Bientôt 500.000 utilisateurs pour Hello bank! en France

A travers ses différentes offres, la banque au carré vert revendique 4 millions d’utilisateurs mobiles actifs, en progression de 22% par rapport au deuxième trimestre de l’année précédente. La banque en ligne Hello bank! et la néobanque Nickel (rachetée en avril 2017) participent grandement à cet élan. « Au deuxième trimestre de l’année, Hello bank! en France a enregistré 53.000 nouveaux clients et nous allons bientôt dépasser les 500.000 clients », s’est félicité Thierry Laborde. L’an dernier, l’offre en ligne ne comptait dans l’Hexagone que 350.000 clients. Sur le marché tricolore, ces volumes placent BNP Paribas devant BforBank, la banque en ligne du Crédit Agricole, qui plafonne à 230.000 clients, mais loin derrière Boursorama (qui s’apprête à passer la barre des 2 millions de clients) et ING (plus d’un million de clients). En Europe, Hello bank! compte 3 millions de clients, dont plus de la moitié chez le courtier en ligne allemand Consors.

L’offre Nickel, distribuée via un réseau de 5.400 buralistes, enregistre aussi une belle croissance. La néobanque a ouvert 1,3 million de clients et dont 91.000 au cours du deuxième trimestre de l’année. Même si elle ne communique le nombre de comptes actifs, elle devance probablement l’allemande N26et la britannique Revolut, qui revendiquent respectivement 900.000 et 550.000 clients en France. « Nous allons progressivement arriver à 400.000 nouvelles ouvertures de compte chaque année », a indiqué Thierry Laborde.

Entre juin 2018 et juin 2019, Nickel a conquis 368.000 nouveaux clients. « Nickel ouvre un point de vente toutes les deux heures », s’est targué le patron des marchés domestiques alors qu’en parallèle BNP Paribas a fermé 333 agences en France, en Belgique et en Italie depuis 2016. Nickel prévoit de doubler très rapidement la taille de son réseau de distribution, qu’elle présente comme le troisième en France. La néobanque vise les 10.000 points de vente en 2020 et s’apprête ainsi à se lancer à l’étranger avec un partenaire. « Ce sera pour le début de l’année 2020, en Europe du Sud », nous indique Thierry Laborde.

Plus de 2 millions de virements instantanés

BNP Paribas enrichit aussi son offre en ligne avec notamment un service de paiement instantané, disponible sur les applications Mes Comptes de BNP Paribas et Hello bank!, et également via l’appli de paiement entre particuliers Paylib. 2 millions de virements instantanés ont été effectués au cours du deuxième trimestre de l’année en France, en Italie et en Belgique, pour un montant total de 3,6 milliards d’euros. De son côté, Société Générale annonce avoir déjà traité plus de deux millions de virements instantanés depuis le début de l’année.

La banque vante aussi les succès de LyfPay, l’application de paiement et de fidélisation qu’elle contrôle avec le Crédit Mutuel aux côté d’Auchan et de Casino. L’application, qui devrait s’enrichir avec la récente acquisition du spécialiste du scan & go en magasin Neos, a été téléchargée plus de 2 millions de fois en France et est devenue en juin l’appli la plus téléchargée dans la catégorie des paiements, devant PayPal et Lydia, fait valoir BNP Paribas.

Cette digitalisation se retrouve aussi dans l’activité des services financiers à l’international (IFS). « En Personal Finance [crédit à la consommation], plus de la moitié des contrats sont signés électroniquement », indique Jacques d’Estais, en charge du pôle IFS. Invisible aux yeux des clients, cette transformation s’opère aussi en interne, transformant les process des différents métiers via une forte automatisation.

« Nous comptons aujourd’hui 268 robots, contre moins de 100 il y a un an. Ils sont utilisés pour des opérations de reporting, de contrôle et de traitement des données », indique Jacques d’Estais.

BNP Paribas dénombre également 16 utilisations des technologies d’intelligence artificielle et 40 projets en cours de développement.

Tous ces efforts de transformation numérique ont permis au groupe de regagner des clients dans la banque de détail en France, en particulier en Ile-de-France: sa campagne de caution gratuite (pour la première année d’entrée dans le logement), enpartenariat avec la startup GarantMe, rencontrerait un certain succès auprès du public étudiant.

source: La Tribune



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