Nigeria : Le président Buhari accusé de préparer des fraudes massives pour sa réélection


Nigeria : Le président Buhari accusé de préparer des fraudes massives pour sa réélection

Nigeria : Le président Buhari accusé de préparer des fraudes massives pour sa réélection

 

Un mois avant les élections générales du 16 février 2019, la tension monte partout dans le pays le plus peuplé d’Afrique. L’ancien président Obasanjo accuse l’actuel, candidat à sa réélection, de recruter des agents pour falsifier les résultats des élections avant le scrutin, afin de remporter la présidentielle.

Olusegun Obasanjo, qui avait soutenu l’actuel président lors de son élection en 2015, n’a cessé ces derniers mois de critiquer son bilan. Récemment, il a fini par apporter son soutien au principal candidat de l’opposition à la présidentielle, Atiku Abubakar, son ancien vice-président de 1999 à 2007.

« Personnellement, j’ai des doutes sérieux quant à l’intégrité, à l’impartialité et à la compétence actuelles de l’Inec (Commission électorale nationale, NDLR) pour organiser des élections justes, libres et crédibles », affirme M. Obasanjo dans une longue et cinglante lettre ouverte rendue publique le 20 janvier 2019.

Vive querelle entre anciens alliés
S’en prenant directement à Muhammadu Buhari, candidat à un deuxième mandat, il dénonce : « Ses hommes de main travaillent jour et nuit avec la sécurité et les responsables des élections pour perfectionner leur plan en calculant les résultats, de la commune au gouvernement local, des Etats à l’échelle nationale, pour lui attribuer ce qui ressemblera à une victoire écrasante. »

M. Obasanjo a aussi comparé le chef de l’Etat à l’ancien dictateur Sani Abacha, qui a dirigé le Nigeria d’une main de fer entre 1993 et 1998, affirmant qu’il était prêt à tout pour se maintenir au pouvoir. « Dans un désespoir fou, Buhari poursuit le même chemin », juge-t-il.

La présidence nigériane a vivement réagi le même jour dans un communiqué, estimant que ces accusations sont à la fois « farfelues et scandaleuses ». « Nous ne trouvons pas les mots pour décrire ce menteur de 90 ans, sauf pour dire que par la publication de ce tissu de mensonges (…) Obasanjo, et non le président (Buhari), perdra l’estime de tous », écrit le communiqué avant de critiquer le bilan d’Obasanjo, l’accusant à mots à peine voilés de corruption massive lorsqu’il était aux affaires.

« Un repos mérité »
« Les élections qui commenceront en février seront libres et équitables, comme promis par le président Buhari à la nation et à la communauté internationale », ajoute-t-il.

MM. Obasanjo et Buhari sont tous deux d’anciens généraux ayant accédé au pouvoir à la suite de coups d’Etat dans les années 70 et 80, avant de devenir des présidents démocratiquement élus.

Olesugun Obasanjo n’en est pas à sa première mise en garde contre Muhammadu Buhari. Il y a un an déjà, il avait déclaré dans une lettre ouverte que Buhari ne devrait pas se présenter une deuxième fois et qu’il était temps pour lui de « prendre un repos mérité ». Lettre restée sans effet.

Buhari a la cote auprès des musulmans
En campagne, M. Buhari attire des masses de fans lors de ses meetings. Malgré un bilan économique et sécuritaire déplorable dans toutes les régions du Nigeria et une accélération des attaques de Boko Haram dans le nord-est, il semble que le représentant du Congrès progressiste (APC) âgé de 76 ans soit toujours perçu par les électeurs musulmans comme LE candidat, notamment dans le Nord.

Il faut dire qu’au Nigeria, les associations de la société civile dénoncent régulièrement les « achats de voix » de supporters, dans un pays où plus de la moitié des 180 millions d’habitants vit dans l’extrême pauvreté.

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