UN PLAN MARSHALL POUR l’AFRIQUE NOIRE


UN PLAN MARSHALL POUR l’AFRIQUE NOIRE

UN PLAN MARSHALL POUR l’AFRIQUE NOIRE

Le chef de l’état Macky Sall vient d’être invité à participer à la prestigieuse rencontre du G7 à Biarritz et un rappel historique, non exhaustif, s’impose à nous.

Il est impossible, dans un survol historique, de ne pas évoquer la conférence de Yalta du 4 Février 1945, quand Eisenhower, Churchill et Staline se partageaient, impunément, le monde.

Ils théorisaient le concept detestable de « sphère d’influence » après avoir, goulûment, divisé l’Europe en deux blocs antagonistes et hostiles, instituant une guerre froide qui a failli être l’antichambre d’une nouvelle conflagration mondiale.

Ce partage et le mépris affiché, vis à vis des populations dominés, a retardé les processus d’autodétermination des peuples qui, dès après la fin de la seconde guerre mondiale, apparaissaient inéluctables.

L’Europe de l’Ouest, exsangue, a pu bénéficier largement des prêts du plan Marshal, pour faciliter la reconstruction des villes et des infrastructures dévastées.

On aurait pu imaginer, en même temps et se serait juste justice, un second plan Marshall pour sortir les « damnés de la terre »  de la nuit coloniale et de l’exploitation institutionnelle.

Et puis beaucoup de ces territoires délaissés ont participé à l’effort de guerre, en fournissant des matières premières et de la main d’œuvre et surtout, des vaillants soldats, qui ont payé le prix du sang pour que l’Europe retrouve sa liberté.

Il n’était pas possible, bien entendu, de diriger le monde à trois et la société des nations, léthargique et impuissante, n’avait pas su empêcher la guerre.

Et puis le Général De Gaulle, non invité à cette rencontre historique, s’est sentie humilié et multipliait les mots de défiance, lui qui « était la France ». « Qu’on s’abstint de nous inviter, me désobligeait sans nul doute mais ne m’étonnait aucunement ».

Le 24 octobre 1945, l’organisation des nations unies ( ONU ), est créée et les cinquante nations signataires de la charte de San Francisco vont siéger, presque, en toute souveraineté.

En créant l’ONU, les grandes puissances qui dominent le monde, ne voulaient rien lâcher du système d’exploitation des peuples, mais ils avaient compris l’obligation d’y mettre les formes.

La décolonisation, entre temps, était devenue inévitable et les nations dominées du monde ont pu profiter de La Tribune de l’ONU pour essayer de faire entendre leurs voix, inaudibles jusque là.

Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale et l’accession à l’indépendance de plus de 147 états, dont les pays les plus pauvres au monde, avec une majorité de nations d’Afrique noire, rien n’a vraiment fondamentalement changé dans Les systèmes d’exploitation et de domination.

Le seul changement notable est que les pays riches ont réussi à se prémunir d’une troisième guerre mondiale et ont exporté les zones de conflits dans les territoires lointains d’Afrique et d’Asie.

L’Afrique noire qui est, même si on n’ose plus le dire, toujours à la traîne, malgré les efforts colossaux des populations, engluée dans la pauvreté, les guerres, les famines, les maladies.

Pour réguler et maîtriser la marche du monde, les grandes puissances ressentent la nécessité de se réunir, régulièrement, en des rencontres policées et le G7 du 24 août à Biarritz en est, une édifiante illustration.

Le Sénégal fait partie des cinq pays africains, invités à venir rejoindre, les États Unis, l’Allemagne, l’Angleterre, le Japon, le Canada, l’Italie et la France, pays hôte.

Nous ne sommes ni naïfs, ni dupes, mais nous pensons que la seule annonce de ce raout qui pourrait nous apporter un peu d’espoir est, enfin, un plan Marshall pour l’Afrique noire.

Cela permettra de rembourser une partie de la dette, dont l’occident ne veut pas que l’on parle, qui ne sera jamais prescrite, souscrite depuis plusieurs siècles, faite de domination sauvage, et de pillage de nos ressources humaines et naturelles.

Le Chef de l’état sénégalais, pourrait porter cete fois ci, ce message d’une force incommensurable et ébranler la fausse conscience des pays riches et s’inscrire dans l’histoire.

A Propos de l'auteur



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