STRATÉGIES DE DÉVELOPPEMENT EN AFRIQUE: Des Chercheurs pour une nouvelle pensée économique endogène


STRATÉGIES DE DÉVELOPPEMENT EN AFRIQUE: Des Chercheurs pour une nouvelle pensée économique endogène

STRATÉGIES DE DÉVELOPPEMENT EN AFRIQUE: Des Chercheurs pour une nouvelle pensée économique endogène

Sociologues, économistes et autres chercheurs venus d’Afrique ont mis en exergue les manquements des politiques néolibérales appliquée en Afrique, notamment les ajustements structurels, le consensus de Washington.

Ils prenaient part, hier, à une conférence sur le thème : la remise en question des orthodoxies dans la pensée économique en Afrique, explorons de solutions alternatives ». Pour inverser la tendance, ils préconisent une nouvelle forme de pensée économique endogène. Elle prendra en compte les réalités sociopolitiques et économiques.

TrusAfrica, en partenariat avec Osiwa et l’Institut pour l’économie et la justice, a initié une conférence de trois jours. Durant ces jours de communion, ces derniers planchent sur le thème « la remise en question des orthodoxies dans la pensée économique en Afrique, explorons de solutions alternatives ».

Les initiateurs de cette conclave partent du constat que la situation de l’Afrique, marquée par la pauvreté et les inégalités sociales,résulte de l’imposition de programmes d’ajustement structurel, des politiques de consensus de Washington et de consensus post-Washington, ainsi que d’autres formes plus récentes de réformes néolibérales.

Ces politiques économiques, selon les organisateurs, ont été mises en œuvre et justifiées sur labase de certaines approches économiques qu’ils qualifientd’«orthodoxies économiques ». Ce phénomène, disent-ils, s’est produit parallèlement à la marginalisation systématique de décideurs et d’économistes à l’esprit progressiste dans les universités, les gouvernements et les projets de développement depuis les années 1980.

Pour Ibrahim Aïdara, directeur exécutif adjoint d’Osiwa, la remise en question des orthodoxies dans la pensée économique en Afrique vient du fait que plus de 60 ans de politique et des théories économiques en Afrique n’ont pas pu permettre au continent d’émerger; et les résultats obtenus à la suite de l’application de ces politiques ont plutôt généré de la pauvreté et des inégalités dans des pays africains sur les dix dernières années. Il est important, dit-il, que l’on se pose des questions sur l’efficacité de ces programmes conçus à l’extérieur puis mis en œuvre par nos gouvernants.

Des stratégies de développement néolibérales jugées inefficaces

« Ces stratégies ne tiennent pas compte de nos réalités sociopolitiques et économiques. Il n’est donc pas surprenant que les résultats obtenus soient médiocres. C’est pourquoi, nous jugeons important de soutenir des initiatives qui revisitent les savoirs dominants qui gouvernent les économies », indique M. Aïdara. Ce même constat semble partagé par Dr EbrimaSall, directeur exécutif de TrustAfrica qui note que toutes les transformationsattendues de ces programmes néolibéraux sur le plan économique, tardent à se réaliser sur le continent.

Pour lui, il reste encore du chemin à faire. Néanmoins, l’Afrique possède toutes les ressources, humaines et naturelles pour faire un bond en avant. Il a fait savoir que nous vivons des réalités dures. Cela est du aux programmes d’ajustements structurels qui ont posé beaucoup de torts aux gens. Nos pays n’ont pas encore finide payer les frais de l’échec de ces politiques », relève M. Sall. L’économiste, Dr Ndongo Samba Sylla, estime que les projets actuels d’intégration en Afrique s’inscrivent dans une démarché néolibérale.

A son avis,  le référentiel du néolibéralisme peut se résumer à travers les 10 commandements de Washington. Ledit référentiel renvoie, entre autres, à la discipline fiscale, aux priorités pour les dépenses publiques. Mais aussi, à la libéralisation du commerce et à la privatisation. L’économiste sénégalais, fait remarquer que « les discours peuvent, certes, changer, mais les paradigmes restent les mêmes » . Il ajoute que la Zleca s’inscrit dans une vision néolibérale, carelle privilégie les échanges au détriment de la production.

Promouvoir une pensée économique endogène

Pour apporter une réponse à l’« échec » des politiques néolibérales en Afrique, IbrahimaAidara d’Osiwa appelle à un soutien aux pensées critiques endogènes et qui s’appuient sur les réalités africaines. Ceci permettra d’inventer une théorie économique africaine. Cela pourra prendre en compte les réalités sociologiques et de nos institutions. Il plaide également pour une déconstruction du discours sur le consensus de Washington. Mais ce dernier, suggère de proposer une alternative à la politique néolibérale. M. Aïdara estime nécessaire de se pencher sur une nouvelle révolution de la pensée économique africaine fondée sur une approche multidisciplinaire.

A travers cette conférence, les initiateurs visent à aider les mouvements, à travers l’Afrique,à promouvoir un agenda cohérent de plaidoyer fondé sur les droits et la justice économique, de sorte à avoir un impact concret sur le changement de trajectoire du développement et des droits de l’homme sur le continent.

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