Troisième/Deuxième mandat : Les alertes lectures constitutionnelles de Dème et Dièye


Troisième/Deuxième mandat : Les alertes lectures constitutionnelles de Dème et Dièye

Chasser le doute cartésien, il s’impose, implacable, et titille l’esprit ! Aussi souffrons qu’il soit quasi impossible de se délester de cette idée de troisième mandat prêtée au Président Macky Sall. Le débat oppose politiques du pouvoir et de l’opposition, les uns chahutés par les insinuations insidieuses des autres, plongeant le citoyen dans une incertitude qui fait craindre des circonvolutions théoriques d’une casuistique politicienne, telle que celle qui avait accouché du ticket wadien et d’un culte 23 juin de feu. De palabres de politiques, le débat se fait juridique, par les voix que l’on peut croire compétentes de deux juristes qui confirment l’insidieuse possibilité pour Macky Sall de briguer un troisième mandat qu’il qualifierait de son deuxième !!! Kawtef, hérésie constitutionnelle, crie de suffocation le citoyen lambda. Non, disent, juristes jusqu’au bout de leur argumentaire; Ibrahima Hamidou Dème, chargé d’enseignement et le Professeur Abdoulaye Dièye de l’Ucad.

« J’ai perçu une volonté cachée d’un troisième mandat. Et quand on examine l’article 27 qui dit, dans son premier alinéa, ‘’le président de la République est élu pour un mandat de 5 ans’’, dans un deuxième alinéa, ‘’nul ne peut exercer plus de deux mandats constitutifs’’, certains ont analysé en disant que ce deuxième alinéa fermait la porte », rappelle le magistrat démissionnaire qui, sur iradio, estime que la révision de la Constitution de 2016 n’a pas verrouillé la loi fondamentale pour néantiser la possibilité d’une troisième candidature de Macky Sall.

Nooooooon, s’étonne toujours le citoyen lambda, qui roulera des yeux craintifs quand, à la suite de l’alerte du juge Dème, entend son pair Abdoulaye Dièye, professeur de droit public, renchérir sur Sud fm : « La réponse à la question qu’est-ce que le Droit constitutionnel, c’est ce que la Constitution prévoit et ce que le Juge constitutionnel dit qu’elle est. Si on oublie cette deuxième phrase, on peut dormir tranquille, en disant qu’il n’y a pas de problème dans la Constitution. »

Oupsss !!!! « Si jamais demain, sous une pression quelconque ou une influence quelconque, Macky Sall se mettait à dire : ‘est-ce d’ailleurs mon dernier mandat, je vais demander au Conseil constitutionnel… je dis qu’il va faire un deuxième mandat…Parce que ce que le Conseil constitutionnel dit dans le considérant 30 de sa décision est très claire : le mandat en cours (Ndlr : mandat de 7 ans) est hors de portée de la loi nouvelle (révision constitutionnelle 2016). Est-ce que le Conseil va se dédire ? je me pose des questions », nous cloue au pilori le Pr Dièye, selon qui, le Président a l’élégant et impératif pouvoir d’enlever tout intérêt à ce débat. En quoi faisant ? « Je prie pour que le président Macky Sall ne change pas par rapport à ce que j’ai lu. Qu’il n’écoute pas ceux qui commencent déjà à dire, il va pouvoir, c’est possible, s’il les écoute ça ne sera pas bien », alerte le Pr Dièye.

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